25.08.2010
IV
Environ deux cents visiteurs uniques par mois sur ce blog. (Sur mes autres je ne sais pas, je ne vais pas voir) C'est inespéré eu égard à son fonctionnement (aucune promotion d'aucune sorte) et à son auteur sans doute. Merci à tous, mais le moment est venu pour moi de choisir entre rédiger un manifeste personnel "à la Max" ou "à la Carlo", voire un Ecce homo – et créer par exemple une association, voire simplement un forum. Il est clair que pour le type d"ambition des autres"qui est la mienne, ni un blog ni mes pensées personnelles ne lui correspondent. Mais il me fallait commencer par là. C'est chose faite. J'espère être en mesure maintenant d'aller plus loin. Dès que je le pourrai, je rassemblerai cependant tous mes écrits (blogs) sur un site. Ou un livre, peut-être.
À la fois contribution et lettre morte.
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409a
Lieu d'être. – Quand donc ferons-nous le tour de toutes les sortes de présence ?
Ce que nous nommons "forces" ou encore "lois de la nature" ne se laissent percevoir qu'indirectement, elles ne se montrent qu'à leurs effets : présences (?) entérinées par leur constance, mais déduites de nos observations. Sont-elles ? Existent-elles ? Si elles sont, elles "croient"(*) ... Si elles existent seulement, alors elles sont nécessairement Existants pour quelque être... (nous)
Qu'elles existent (pour moi) ne prouve pas qu'elles sont.
Si j'en parle, je dois donc le faire en connaissance de cause ...
Si par exemple je suppose qu'une Loi physique telle que la gravitation universelle est, cela voudra dire qu'elle a, entre autres, le soleil et la terre pour Existants. Or la gravitation (attraction) en tant qu'évènement (quoi d'autre ?) se passe entre la terre et le soleil, et non point entre chacun d'eux et elle, la gravitation. J'en conclus que la terre et le soleil sont puisque chacun fait exister l'autre par l'attraction que celui-ci exerce sur lui, que la gravitation est leur mode de se "croire" l'un l'autre, mais que la gravitation en tant que telle n'existe que – pour moi. En langage courant, je dis alors : "La gravitation est cause de l'attraction qu'exerce chacun des deux astres sur l'autre". Je nourris ainsi ma connaissance en physique, mais ça n'est pas là répondre à ma question d'ontologique. Car si cette Loi seulement existe par moi et pour moi, elle se manifeste tout de même au monde ! Il me faut alors découvrir son type d'existence. Une tâche à laquelle la science ne s'emploie pas. Peut-être la phénoménologie ?
Définir un type d'existence au monde – et pas seulement pour moi –
"Qui ait l'air d'être au monde ... "
_________________
(*) Cf. Blog Au monde. "Croire" : est ainsi nommé le fait qu'un X soit ou se mette en relation avec quelque chose, et par là même le fasse exister. Croire / faire exister / "être en relation" est la manifestation de tout être. (Conscience et représentation éventuelles sont une autre évolution) Partant, la majuscule, plus loin, mise au mot Existant, est là pour exempter clairement la "chose crue" de toute exigence de réalité objective : je crois au virtuel, ma cheville à la douleur d'une entorse, tout corps à notre terre, le chlore à l'hydrogène. Etc.
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409b
Lieu d'être. – Je ne saurais imaginer un X absolument seul et de surcroît qui ne serait pas même au monde – il est aussitôt pour moi déjà un Existant – et donc point du tout seul. Du moins dans mon esprit. (C'est là, comme on sait, une partie de l'argumentaire de Berkeley) Certes, qu'il existe ainsi grâce à moi (et pour moi) ne signifie pas qu'il soit. Je n'ai pas ce pouvoir de faire être ce que je fais pourtant exister par ma seule pensée. Mais quand un Existant par moi se trouve également être, c'est donc qu'il est, selon ce que je peux en constater, en relation avec des Existants par lui et pour lui. Je ne sais donc qu'il est ('en plus' d'exister par moi) que si je le vois à son tour faire exister. Il existe – et s'il fait à son tour exister, alors il est. J'en déduis ceci :
Il n'existe peut-être que par / pour moi,
Mais s'il est, ce peut être sans lien avec moi.
En d'autres termes : si un être n'avait que moi pour Existant, à ma disparition lui-même ne serait plus. En revanche, tout être qui a d'autre Existants que moi, assurément sera toujours après ma disparition. (Le monde, mon entourage, à peu près tout, c'est dire ...)
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409c
Lieu d'être. – Comme il n'y a pas d'être qui n'ait d'Existants (par lui et pour lui – sans quoi il n'est qu'un Existant pour moi ou un autre), est-ce que tout ce qui est existe à son tour "nécessairement" par et pour quelque autre être ? (*) Berkeley, je crois, aurait répondu que oui, lui qui pensa démontrer l'existence (l'être) de Dieu par l'existence du monde, son Existant nécessairement. Mais il n'a pas fait, à ma connaissance, la distinction que je fais entre être et exister. Je veux l'immiscer. Que Dieu puisse exister, cela est facile, il suffit de croire qu'il existe. Fournir en revanche la preuve de l'être de Dieu par l'existence du monde, cela implique de démontrer que le monde est bien un Existant pour lui – et peut-être même réciproquement. Autrement dit que l'un et l'autre sont. (Si le monde n'est qu'un rêve de Dieu, on lui accordera qu'il est quand même)
Or si les roches et les plantes sur terre font exister Dieu,
C'est d'une bien étrange façon.
_______
(*) NB / "tout ce qui est" existe certes ici pour moi selon la remarque faite plus haut, mais je crains que ce soit insuffisant.
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409d
Lieu d'être. – Tout est loin d'exister pour tout ! - Autant que je puisse en juger, la planète Mars n'existe pas par (ni d'ailleurs pour) mon nain de jardin. L'électricité, elle, existe par une foule d'êtres au monde, mais pas tous (les gaz rares, je crois, n'y croient pas). Quant à la championne toutes catégories, la gravitation, elle existerait invariablement par tous les êtres qui ont une masse (à supposer qu''il en existe d'autres).(*) Ainsi notre existence est quantifiable selon le nombre d'êtres qui nous font exister ! Dans l'univers, j'ai beau être un homme, j'ai infiniment moins d'existence que la gravitation ou l'électricité. Je suis, certes, mais peu d'êtres, en comparaison, me font exister. Oui bon, parlons relation : la gravitation n'est pas. (supra) Par conséquent, suivant mes définitions, elle n'a pas d'Existant. Elle existe seulement par / pour moi en tant que cause de l'attraction qu'exerce tout objet sur un autre. "La cause" : encore un Existant pour moi. La gravitation n'a rien à faire avec tel ou tel objet ou astre pris individuellement, elle n'apparaît qu'à partir de deux, comme une force agissante entre eux, un tiers qui s'invite à la noce.
La gravitation, une loi relationnelle.
Mais que serait la gravitation même si elle n'avait pas de raison de s'exercer, pas d'objets à faire se rapprocher ? Rien, une absence. La gravitation est pour ainsi dire le berceau même de la relation existentielle (entre êtres) : aussitôt que deux êtres sont (pléonasme), elle se (re-)met à s'exercer. Et elle-même "n'apparaît" ou "n'existe" que si deux êtres (Existant l'un pour l'autre) sont en présence : ils existent alors l'un par l'autre. Un mystérieux phénomène "s'exerce", joue les matrimoniales.
Unis par les liens de la gravitation universelle.
____
(*) Je me garde d'associer ici par et pour car (comme dit plus haut) dans le cas emblématique de la gravitation, pour chacun des deux astres "soumis à cette loi de la nature", ce n'est point elle, la gravitation, mais bien l'autre astre qui lui est un Existant. Pour autant, et là le troisième larron observateur de la scène complique tout : pour moi ils font exister tous deux la gravitation en s'attirant l'un l'autre, celle-ci fut-elle pourtant aussi, paradoxalement, la cause de leur attraction ... Je suggère ici de sortir la gravitation des cas de présence.)
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409e
Lieu d'être. – J'ai tenté, ici et là, de constater et de décrire le plus fidèlement possible ce qui m'apparaît, ce que je crois. Fut-ce aussi modestement que ça, je n'ai pas pour autant "spéculé". Or, je le sais bien, ça n'est pas non plus de la connaissance en bonne et due forme. Celle-ci est partout chez nous et depuis fort longtemps au commencement même de notre relation au monde et à nous-mêmes. Du moins c'est ce qu'on veut croire. Pour ainsi dire on connaît avant de connaître. Décrire en l'occurrence l'apparition de la connaissance parmi les hommes se fait ainsi tout naturellement à partir de, et en tant que, connaissance. Je crois devoir donner ici plutôt un autre exemple :
Suivant ce qui précède, la tentation est ici grande de penser que puisque il n'y a pas d'être qui n'ait Existant, alors c'est leur relation même qui seule peut fonder pour nous une ontologie générale, réunir à la fois le verbe être et le verbe exister (sinon ses Existants) "dans une même sphère". Mais une pareille construction déplacera alors notre vision traditionnelle de l'"être" : jusque-là en tant que "celui qui croit" (voire : sujet et substance), il signifie maintenant : "cette relation constituée entre un être et ce qu'il croit / fait exister". Voilà selon moi un prototype de l'apparition de la connaissance parmi les hommes. On déplace nos Existants naturels (sujet verbe / objet substance) vers un nouveau lieu d'être où leurs relations seront désormais à – notre volonté. À notre Volonté de savoir, s'entend.
Mais avant de savoir, aujourd'hui encore il faut constater.
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409f
Lieu d'être. – Et si tout n'était que rêve ?
Suivant ma définition initiale, je suis, donc je fais exister. Dans mes rêves aussi. Oui mais dans mes rêves aussi certains de mes Existants sont, ils n'existent pas seulement. Cela sème un doute, jette même un froid ... Se pourrait-il en effet qu'à l'état de veille aussi je fasse non seulement exister un x et un y, mais qu'en plus je fasse aussi exister ladite relation, ce troisième "élément" grâce auquel l'un existe pour l'autre et de la sorte chacun des deux est... ? Qui ne viendrait me dire ici d'un sourire ironique : "Tu vois, comme dans ton rêve, les choses se comportent dans la réalité aussi suivant ce qu'elles croient ..."
La riposte pourrait être simple, mais il vaut mieux prévoir et donc passer directement à la salve suivante : "Tu me dis que les rêves se fondent sur la réalité, que tu n'as pas pu inventer ce qu'il s'y passe ? Mais pour l'homme qui se prend pour Dieu sans rêver, non seulement Dieu est, mais en plus il est lui-même Dieu !"
Savoir si quelque chose qui est existe forcément pour quelque autre être (question posée plus haut), c'est demander déjà, sans aller nécessairement plus loin, si parmi ses Existants ne se trouverait pas quelque être. Suivant le raisonnement ci-dessus, j'ai donc beau avoir défini l'être par l'Existant comme preuve de l'être, le fait d'être ne me permet pas de conclure à l'être de tel ou tel de mes Existants ... Mon méchant interlocuteur me dit en effet là : "Il se pourrait que lui aussi tu l'inventes !"
Mais non, lui rétorquè-je (pour le faire exister puisqu'il me le demande), tout ne serait que rêve si j'inventais tout, y compris les "êtres" qui m'entourent. Et s'il en était ainsi je serais alors le seul être au monde – entouré seulement des Existants que j'aurais moi-même créés. Je serais alors Dieu ...
Crois-tu que je sois Dieu ?
Non ? Alors toi aussi tu es.
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409g
Lieu d'être. – À défaut de mieux, et même s'ils ne le disent pas ouvertement (on ne leur demande pas de se prononcer sur l'ontologie des notions qu'ils manipulent), la plupart des hommes de science laissent entendre qu'une Loi de la nature est quelque chose de l'ordre de "l'en-soi". Par exemple la gravitation en tant que Loi n'est pas la gravitation de (pour) tel ou tel astre, elle n'est liée par aucun "contrat", aucune "nature". Elle serait ainsi "en-soi". En mon langage on dirait : elle n'a pas d'Existants. Et c'est parce qu'elle n'a pas d'Existant que, suivant ma définition (supra), elle n'est pas. Peut-on dire alors qu'elle "existe en soi" ? Apprenant les distinctions que je fais entre être et exister, c'est peut-être cela que les hommes de science penseraient alors vouloir dire, accordant qu'une Loi ne peut être en effet comme on entend qu'un homme, une roche ou une plante est. Or si tout Existant n'est tel que pour un être au moins, on se retrouve, si je puis dire, dans la position inverse à la précédente : cette fois on aurait un Existant sans être (pour le faire exister). Une Loi de la nature serait un Existant en-soi, c'est-à-dire l'Existant de personne ...
Or s'il n'est possible, comme dit plus haut suivant Berkeley, d'imaginer simplement un Existant "seul au monde" sans aussitôt trahir son être propre en y pensant, il est clair qu'une Loi de la nature, fut-elle dite "en-soi", est de facto l'Existant de l'homme qui la pense. Alors quoi ? Les hommes de science ne peuvent être ici de mauvaise foi puisqu'ils ne se penchent nullement sur l'ontologie des "êtres" qu'ils manipulent. On ne peut dire non plus qu'ils se trompent puisqu'ils n'ont pas étudié la chose, opéré dessus leurs calculs. Dans ce cas, il me semble que les Lois de la nature (pour ne pas dire l'en-soi de certains "êtres" ou "Existants") ne peuvent être qu'un outil conçu par les hommes pour opérer leurs explications. Je ne prétends pas à un abus de langage de leur part, je dis simplement que les Lois de la nature sont des Existants qui appartiennent à l'explication. Le verbe savoir, forme de l'être humain, a bien des Existants !
Tous ne sont pas dans la nature ....
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409i
Lieu d'être. – Comment concilier insurrection ontologique et l'écriture d'un livre ? Que comprennent donc d'un homme ceux qui croient qu'il est mort pour une idée ? Peut-être s'est-il donné la mort par vanité, ou peut-être parce que sa vie n'avait pour lui aucune importance ! Dans ce dernier cas, il en a profité ... pour écrire un livre. (Carlo Michelstaedter ?)
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409h
Lieu d'être. – Personne n'aurait idée de reprocher à un crapaud ou un rhinocéros par exemple d'être cet être vivant là qu'il est, à moins de le prendre pour quelqu'un d'autre. Tout au plus nous lui suggèrerions, s'il se mettait à nous parler de nous, de se mêler de ses affaires, et lui jetterions même à la figure, indélicats que nous sommes, qu'il est décidément mal "placé" pour nous dire qui, à notre tour, nous devrions être.
*
Physiquement c'est une belle femme, mais elle a beau faire comme si elle était pour quelque chose dans sa beauté ou, mieux encore, la méritait – personne n'est cependant dupe de sa véritable nature. Elle serait plus juste si elle était laide : elle saurait alors qui mettre en cause – la nature !
Pourquoi en serait-il différemment de ce que tu penses ?
Ah oui, celà tu peux le corriger ...
Ainsi ton corps est une fatalité et ton esprit seul est perfectible ? Voire libre ? Pourtant, toi en train de penser là que ton corps est une fatalité, voilà qui montre déjà que ta pensée elle-même est déterminée. Sans doute alors lui faut-il un pré carré où elle puisse se perfectionner, loin de l'influence du corps ... Voilà pourquoi tes pensées depuis longtemps sécessionnent :
Pour croire en ce que tu penses,
Pour croire que là tu y es pour quelque chose.
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410
J'ai dans mon regard des siècles de sublimation, de celle qui paralyse son objet d'élection, disant l'aimer, l'aimant en effet à sa façon.
La beauté même a acquis aujourd'hui son indépendance totale et me le fait payer. Cher. Non pas cependant au point que je me demande qui suis-je si je ne peux donc l'aimer comme avant, mais comment puis-je l'aimer maintenant. L'idole esthétique est toujours pleine d'effets, mais elle n'est plus sublime proie, elle est désormais à part entière une personne, un homme comme un autre, une étrangère. Non plus une déesse pour moi.
J'ai dans mon dire des siècles de bonne intention, de celle qui paralyse mon auditeur, disant vouloir son bien, lui disant en effet à ma façon.
La connaissance même a acquis aujourd'hui son indépendance totale et me la fait payer. Cher.
Etc.
09:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
411
D'où vient cette ambition des autres, rare, mais parfois toute naturelle pourtant, qui se nomme morale ou éthique, sinon d'une vision intérieure toute personnelle (d'un Etat ?) des relations humaines ? Vois, chacun est affairé avec lui seul, quand bien même il prétend aimer, voire aider, les autres. Et toi pareillement, quand bien même tu penses à eux, à tous, à nous ... Vois qu'est-ce que tu as récolté à y croire ... Mais c'est tout à fait logique : trop "ambitieux" d'eux (personne n'aime changer), ils te renvoient que tu n'as pas à l'être ...
- Soit ! Je me plie. Mais alors, que font tous les officiels du nous et du tous ? Comment vivent-ils leurs occupations, leurs désillusions, leurs déceptions, voire leur dégoût ou leur misère ? Comment parviennent-ils donc à tromper tout le monde et eux-mêmes !
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412
Le secret tenu en bride par tous est là : tu franchis la ligne rouge ou pas. C'est-à-dire tu te le dis clairement et te réorganises alors autrement, ou bien tu continues à faire semblant, à y croire.
Si tu franchis le seuil de cette prise de conscience, tu ressentiras de l'amertume et t'interrogeras sur l'opportunité de continuer d'écrire. Ecrire pour qui, pour quoi ? Pour eux ? Attention de ne pas trop écrire ce qu'alors tu penses. S'il est vrai que c'est à l'écart des autres qu'on est le plus soi-même, alors voilà la mise à l'épreuve, le moment où jamais. S'il est vrai que c'est à l'écart des autres qu'on oeuvre aussi le mieux, alors ne laisse pas ton espace ouvert aux quatre vents de la médiocrité : louange, blâme, critique sans suite, habitude. Ouvre ou rejoins plutôt un espace choisi où viendront se déposer des échos, non point des appréciations de toutes sortes qui ne répondent qu'à elles-mêmes.
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413
Les parts du geste, les faits du dire. – Je veux ici dépeindre différents gestes de dire. D'autres l'ont sûrement fait avant moi. Qu'à cela ne tienne, je me fie à mon inspiration. Bien sûr, mon dire présent est lui aussi un geste à classer. Ça n'est là qu'une ébauche et rien d'exhaustif !
La méthode est : quelle part d'expression (pure ou impure), quelle part de communication (pure ou impure). La troisième part revenant à la manipulation (pure ou impure) ...
NB / Un geste de communication est dit équitable quand il laisse la moitié de l'espace à l'autre. C'est-à-dire la lui laisse parcourir. (Cf. "La part de l'autre" sur le blog "s'entredire")
Dire-être au monde pur :
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Je crie de douleur tout seul dans mon coin : l'expression est pure, la communication nulle. En gros, l'expression est ici une sorte de geste rayonnant n'ayant d'autre but que lui-même dans l'espace physique où il se déverse.
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J'écris de la poésie sans la faire lire ni savoir à personne : je dis-être au monde paradoxalement : par le moyen du dire-aux-hommes. (langage)
Dire-être au monde mixte :
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Je crie de douleur en appelant au secours : mon geste est alors en partie de communiquer (j'informe que je suis là, je demande du secours)
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J'écris de la poésie et la publie : je m'exprime aux hommes depuis mon être-au-monde par le biais du langage de l'inter-dire humain. La communication est manifeste, je "rapporte" en quelque sorte aux hommes mon être au monde.
Les témoignages :
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Tu racontes, encore tout ému, ce qui s'est passé, tu t'emportes : tu es encore sous le coup de l'émotion; la proportion, dans ce mélange-là, est là encore en faveur de l'expression. J'essaie de te calmer, je voudrais moins d'expression et plus d'information.
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Tu fais alors un effort et tentes un rapport détaillé de ce qui s'est passé, même si ça n'est pas encore une explication en bonne et due forme (tu m'informes sans trop m'expliquer, tu témoignes dans un effort de rationalité) : ton geste est alors d'exprimer et de communiquer à peu près à part égale. Equitablement : quand informer n'est pas encore expliquer.
NB/ Toute initiative de parole visant à présenter aux autres des interrogations, des résultats de recherche ou d'imagination, voire des vérités propres comme des hypothèses est encore un geste équitable. Une sorte de témoignage encore, ou celui-ci appartient encore à la pudeur de la communication.
Les faux-témoignages :
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J'informe d'évènements ou de situations auxquels je ne suis relié ni par le vécu, ni par l'intérêt direct, ni par l'émotion : mon geste est celui d'un pur relais. Pas de témoignage, mais de la pure communication. Pas d'expression propre, si ce n'est de mon intention de relayer (Ou peut-être déjà de manipuler, suivant l'intention, la finalité dernière, par exemple quand il s'agit pour moi de faire vivre un journal).
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J'explique. Explication pure, s'entend. Le témoignage n'est plus. Mon émotion présente est sans rapport direct avec l'objet, elle est en rapport au fait d'expliquer. (ou le transfert enthousiaste qui a pour objet l'émotion que l'autre a de comprendre) : Le rapport expression / communication au sein de mon dire s'inverse à l'avantage de la communication. L'explication est un faux témoignage dans la mesure où quand j'explique, je donne toujours l'impression de témoigner. Alors qu'il n'en est rien. (sinon que je sais)
NB / À partir d'expliquer, les choses se compliquent car l'intention n'est plus nécessairement seulement de communiquer. La manipulation est peut-être là déjà en place : il s'agit de savoir à qui est adressée l'explication, qui est convoqué ou s'il est simplement invité. Le geste peut aller en différents degrés : d'informer simplement l'autre, jusqu'à vouloir quelque chose de lui : langage performatif.
L'explication :
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L'explication perfide :
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Retour de l'expression : Dire-être aux hommes (sans être nécessairement passé par un dire-être au monde)
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Dans un dire de pur inter-dire (où les hommes ne sont plus qu'entre eux, purs êtres de langage, sans plus de contact avec le monde, sans plus de dire-être au monde) on retrouve parfois l'expression : Cri de révolte (plus ou moins pur en amont et en aval) de l'étudiant ou de l'employé, voire de l'homme libre. Expression sociale d'une individualité (collectivité aussi ?). Manifeste.
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Tentative d'expression : j'oeuvre de façon bénévole et anonyme au service de quelque cause sociale.
Dire aux hommes :
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: informer, faire savoir, prescrire, donner à imiter. (Le contenu de dire n'est pas toujours en phase avec l'intention du locuteur)
Entre la prescription et le donné à imiter :
Si tu prétends donner à t'imiter, tu ne peux cependant dire aux autres : "À vous !" - ce serait là prescription.
Faire savoir et prescrire :
Si tu donnes simplement à savoir, tu le fais de façon quelque peu désinvolte. Sinon c'est encore de la prescription.
Qu'est-ce que tu veux au juste ? Fais-le avec précision. (prescription).
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414
C'est souvent que l'on dresse un portrait à charge de qui l'on ne cherche qu'à se défendre. Voilà un bon exemple de mauvaise foi : on veut croire quelque chose pour n'avoir pas à accueillir et à répondre : une personne ou la vérité.
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415
Pourquoi être est-il toujours associé à soi dans tous les discours destinés à t'éveiller ? Parce que c'est logique puisqu'on te parle ? Ou bien parce que c'est là le bout par lequel te prendre ? Ne serais-tu alors qu'un rouage de la communication habituelle, peut-être ?
Avec moi (si je puis dire), il n'y a pas de soi ou de non-soi qui soit la vedette. L'auteur lui-même importe aussi peu que possible. Décider qui être émane d'une volonté, non point privée de soi, mais ne voulant plus en passer nécessairement par un être soi (de surcroît : qui se cherche) dont il est plus que probable qu'il ne sera alors qu'obstacle involontaire ou complaisant narcissisme se cherchant là simplement une autre face, un autre miroir ... Etre soi ne sert pas à grand chose d'autre tant qu'on n'a pas décidé qui être. Pour autant "le soi" n'est pas fui, on n'a pas peur d'être soi-même, on ne se renie pas ; simplement on s'en défie comme d'une réponse à la question : "Qui suis-je". On demande bien : qui être soi et qui être nous. Et, précision importante, si je dis "on" jusque-là, ça n'est pas pour révéler une méthode universelle et impersonnelle, c'est simplement parce que la question ne m'appartient pas en propre et qu'elle n'exige pas non plus une sorte de soi minimum requis.
J'ai mon quant-à-soi (ou -non-soi)
Et juste ce qu'il faut de moi pour dire aux autres.
Je lis sur http://abandoncorporel.ca/ un texte que je ne peux pas copier, que je ne peux que recopier en le tapant moi-même. Est-ce le signe involontaire d'une propriété bien circonscrite ? Voici : "S'abandonner à soi-même, faire de la place à tout son être unique et spécifique dans cette position intérieure de n'adhérer à aucune compréhension a priori, donne accès à un nouveau champ de recherche spécifiquement humaine. Cette recherche ne part d'aucun modèle à reproduire, n'évite rien de soi, n'a aucun projet de changement ou de guérison ; elle vise seulement le projet d'être. L'abandon corporel est une position de recherche de l'humain sur l'humanité. "
Si je résume : Un abandon corporel, une disposition intérieure (spirituelle donc) qui fait de la place à tout son être unique et spécifique (celui de l'esprit, le corps étant bien l'obstacle, pas sien ce soi-là) permettant de n'adhérer à aucune compréhension a priori (lié à l'être du corps, ses pensées ordinaires, qu'on abandonne avec lui), "sans" aucun modèle à imiter, "sans" projet de changement ni de guérison, simplement "n'évitant rien de soi" (l'esprit ne se prive pas de lui-même) – et tout ça POUR (car il y a tout de même une visée, et c'est pourquoi j'ai mis les guillemets aux "sans" proclamés) ... se retrouver (?) en position de recherche de l'humain sur l'humanité ... Non point être qui ou qui, mais simplement "être" ...
- Voilà bien le discours-type d'une volonté d'être qui masque à tout moment son réel visage présent – car en ce visage (et corps) elle dénie sa capacité de se reconnaître. Mais un pareil déni de corps n'atteste pas d'un succès de son abandon ...
Question posée à l'auteur de ces lignes : "D'où nous écrivez-vous ?"
Cette volonté d'être ne dit qu'une chose : moi qui ai abandonné présentement mon corps (vraiment ?), je ne veux être plus qu'esprit, en l'esprit seul me reconnaître, car en lui j'escompte me (càd le seul moi désiré) trouver en position de rechercher adéquatement l'humanité ...
On croirait avoir quitté la terre, on se retrouve là encore toujours invités à chercher, à savoir, et bien sûr à être "en esprit" ... Question malicieuse, là contre :
Qui être ? Si on est noble de corps,
Ne cherche-t-on pas alors à le devenir d'esprit ?
Conseiller d'abandonner son corps à quelqu'un qui est en train de mourir : voilà ce qui me semble hélas parfaitement indiqué.
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416
Quand tu dis-être – loin d'abandonner ton corps – c'est là que tu sais le moins. Peut-être même là que tu communiques le moins. Tu peux dire des conneries ou mentir malgré toi, tu sonnes quand même juste. C'est-à-dire quand la vérité qui sort de ta bouche n'est que musique, n'est que la mélodie de toi qui chantes là, maintenant.
La vérité, le chant de l'homme.
Il n'y a pas d'inanité des mots et du langage ! (Coucou Nad) Par un bout, les mots sont tout entiers destinés à communiquer. Même que des millions d'hommes et de femmes à tout bout de champs se regardent eux-mêmes dedans ! Par l'autre bout, ces mots et ces langues rejoignent les choses, les faits, les évènements. C'est dire à quel point nous pouvons n'être parfois que des êtres de langage.
Des êtres de vérité simplement dite ...
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417
Ce qu'est dire la vérité, chacun sait à peu près au moins ce que cela veut dire, mais que veut dire (le cas échéant) être soi-même vrai ? Si être vrai signifie quelque chose, en tout cas ça n'est pas une vertu nécessaire pour dire la vérité. Ça se saurait ...
Peut-être qu'être vrai ne veut pas dire de vérité,
Ou peut-être qu'être vrai simplement ne sait pas parler ? ...
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418
Règle de conduite :
Ne pas dénoncer pour le plaisir de dénoncer. Que ce ne soit à chaque fois que parce que la confrontation positive l'impose, que parce qu'on ne peut l'éviter.
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419
Faire cesser tout ça, tout ce trop grand nombre de dits, d'écrits, de moi, d'histoires ... inutiles. Ecrire noir sur blanc un programme, une règle de conduite. Ça nous changera un peu de tout ce fatras ! À quoi bon être soi si on est exactement comme les autres, à quelques menus détails près ? Plutôt faire le pire pitre dans la plus mortelle ironie qui soit :
Je dis : "Ecce homo",
Je dis : "Fais comme moi !"
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420
Qui être ? Noble, dis-tu. Comment pourrais-tu l'être encore ! De qui n'es-tu pas la descendance ! De quel fichu mélange ! Soit, il doit bien y avoir ici ou là un gêne qui traîne vu que tu aspires à une pareille chose sans qu'elle t'ait été inculquée ! Il est si peu d'hommes qui y songent ! Alors disons que tu cherches à recouvrer une certaine noblesse d'âme, pourvu qu'un germe soit bien encore là, s'il est là, enfoui par tant de rencontres inopportunes dont tu es le résultat.
Un gène qui attend son heure.
Alors, qu'est-ce qu'il t'en semble ? c'est quoi concrètement recouvrer la noblesse d'âme ? Par là on va peut-être le savoir, peut-être la voir poindre ...
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421
Un poète sans doute se doit d'être sévère avec lui-même : s'interdire de rendre la beauté s'il ne sait pas la dire immédiatement, simplement ; se taire quand la beauté servirait d'alibi à son manque d'inspiration ou de talent. J'apprécie votre méthode, vous semblez consciente de ces dangers, consciente de cette crète de part et d'autre de laquelle bien dire risque à tout moment de basculer et de se corrompre.
(Sur le blog "Un violon sur la mer" 22 juin 10 : http://un-violon-sur-la-mer.over-blog.com/article-que-l-image-aille-51949632-comments.html#anchorComment
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Ah, toutes ces années passées à chercher qu'est-ce que tu cherchais ! Et tu as vraiment cru que tu cherchais à savoir, que tu cherchais – la vérité ? Mais à quoi bon la vérité si on n'a pas les hommes ?
Ainsi parlait le vouloir dire au vouloir croire.
09:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
423
Qu'est-ce que comprendre une personne qui commet un acte que l'on réprouve ? Se peut-il que cela conduise à la condamner ? Se peut-il que cela revienne à l'excuser ? Se peut-il que cela revienne à la dédouaner ? Se peut-il que nous puissions la comprendre sans la juger ?
Et d'abord : au nom de quoi pourrions-nous juger d'un quelconque acte pris isolément ? Comprendre supposerait donc une méthode. En l'occurrence commencer par adjoindre audit acte des "faits" susceptibles de l'éclairer. Des faits aux côtés desquels l'acte jugé sera en parfaite relation. Si on en trouve. On en trouvera, et l'acte sera alors noyé. Ne pas juger une personne à un seul acte,
C'est-à-dire la juger en entier,
Non pour ce qu'elle a fait, mais ce qu'elle est ?
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Si on ne ment véritablement que sciemment, il est des cas où ce devrait être moralement plus grâve encore, alors même qu'on est un tant soit peu consciemment innocent : quand la vérité serait blessante, qu'alors on se défend ...
Mauvaise foi : foi contraire à celle qui nous blesserait. Il faudrait être fou pour avoir tort et mal à la fois ! Sage savoir-croire !
Qui prétend que notre "essence" est de connaître !
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426
Puisque je me suis défait de la Culture, ce que je suis désormais, ne le dois-je pas à ma nature ? Il ne me reste plus dès lors qu'à reconstruire mon rapport à la Culture, mais non plus à partir de ce qu'elle attend de moi !
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Le mutisme délibéré de bien des hommes est un acte dont il ne faut jamais sous-estimer l'effet. L'absence délibérée de parole est parfois négative; la présence l'est en retour toujours par rapport à elle : arrogante, sa lisibilité laisse entendre que l'être est et se dit et que ce qui ne se dit pas – n'est pas.
Si vous saviez combien il y aurait à redire sur vos propos ! Mais voilà, nous préférons nous taire. N'oubliez pas ! Nous serons toujours l'ombre et dans l'ombre de vos paroles.
Sans les départs volontaires, le compte n'y est pas.
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Nos langues se complaisent à notre salut par la connaissance en abritant et en nous laissant le libre usage de nombre d'Existants de pure forme. Elles n'aboutissent parfois à quelque réjouissante connaissance que pour autant qu'elles ont métamorphosé nos peurs. Il arrive ainsi qu'on croie aujourd'hui en Dieu comme on aurait eu autrefois mal au ventre.
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429
Ce que tu crois est une composition personnelle (rarement consciente), fruit de ton "savoir-croire" ; ce que tu sais en revanche est une construction logique collective, consciente, c'est-à-dire exprimée comme il se doit.
Bien sûr tu peux te mettre à croire ce que tu sais, c'est-à-dire à croire en ce que tu dis, mais il n'en demeure pas moins que tu ignores alors ce que c'est que croire. Tu t'imagines que tu crois telle chose "parce que c'est logique", et que c'est "parce que c'est logique" que tu le dis aux autres. Tu es "tout dire".
Il y a maldonne.
(Bien sûr ça n'est là qu'une hypothèse relative à une distinction jamais faite, à ma connaissance, entre croire et dire – ou si l'on préfère : entre le dire du croire, "for intérieur" ou "savoir-croire" – et le dire du savoir).
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Si ce que tu crois n'est pas exactement de même nature ni soumis aux mêmes exigences que ce que tu dis, alors il se peut que ta volonté de savoir (ferme) ne soit pas seulement un droit (et moins encore seulement naturel), mais bien plutôt une activité liée, précisément, au seul dire, c'est-à-dire une volonté de puissance qui aura pris ses quartiers dans la Culture (civilisation). La volonté de savoir serait ainsi un désir (une opportunité ?) apparu avec l'être social, comme le souci de se donner les moyens les plus convaincants possibles de convaincre les hommes.
Qui veut prouver ce que j'avance aurait sans doute à en passer par ce qu'il critique. En l'occurrence : montrer la validité des deux hypothèses de départ exprimées ci-dessus. Qu'on me permette d'échapper à ce paradoxe en préférant croire. Car croire induit toujours une autre façon de dire. J'ai choisi mon camp depuis longtemps.
La question en raccourci : la volonté de savoir (ferme) cherche-t-elle seulement la norme – et jamais le dogme ?
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